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Un inventaire naturaliste sur Clipperton ne pouvait se concevoir sans un important programme dexploration sous-marine. Des équipes de chercheurs du CNRS, de lIRD, du Muséum, de lEPHE, de lUniversité du Pacifique, une équipe de tournage, des photographes, un peintre, au total une quarantaine de personnes devaient plonger, dont certains entre 50 et 60 mètres. Tous venaient dans un cadre professionnel et nous devions leur offrir les équipements (Aqualung) et la sécurité en conformité avec les directives du Ministère du Travail.
Il était loin le temps où sur Antarctica plongeait qui voulait avec les équipements du bateau, il allait de soi que chacun y allait en connaissance de cause. Sur Clipperton il fallait être aux normes. Chacun devait posséder le niveau minimal Classe 1B et être à jour de sa visite médicale spécialisée hyperbare. Par contre nous étions limités en cas d'éventuel accident de décompression : nous ne pouvions pas avoir un caisson hyperbare (qui pèse quelques tonnes), et les évacuations sanitaires assez risquées du fait de lencombrement de laire datterrissage par les oiseaux.
La prévention des accidents imposait le respect très strict des règles de sécurité ; cest Jean Claude Brive, plongeur professionnel classe 3 qui assurait ce rôle délicat de surveillance face à une population de plongeurs expérimentés, habitués à plonger librement. Pas une plongée ne sest faite sans quil y participe. Pour limiter les risques de décompression, chaque canot était équipé dune grosse bouteille doxygène pur (Air Liquide) que les plongeurs respiraient au palier à 6 mètres sous leau.
Tous les soirs nous avions une réunion pour lorganisation des plongées du lendemain ; certains jours, jusqu'à trois bateau sortaient avec un chef de bord, Janot, Manue et Sam, tous trois connaissant bien la passe et assurant la surveillance à la surface. En quatre mois il y a eu 100 jours de plongée, la marée et la grosse mer ayant seulement 5 fois empêché les sorties en mer. Ces jours là nétaient pas perdu pour autant, les équipes allaient explorer les fonds ténébreux du lagon. Lensemble des sorties représente 240 plongées de 0 et 60 mètres, soit environ 200 heures passées en immersion sans aucun problème.
Les spécialistes du corail, des algues rouges, des algues toxiques, des poissons tropicaux, des crabes et crustacés, des requins, les chercheurs sur les nouvelles molécules anticancéreuses et les principes actifs de protection contre les ultra violets, les paléoclimatologues à la recherche des climats anciens par carottage du corail, les cinéastes, photographes et autre peintre naturalistes... sont tous repartis avec une belle moisson déchantillons, dobservations et dimages.
Merci Jean-Claude davoir si bien pris en main cette part importante et délicate de lexploration de Clipperton.
Temps Moyen. T°air : 29°C à 12 H, 28°C à 22 H. Vent NE 10 à 15 km/h. P : 1010 hPa. Humidité relative 80%.
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Jean-Claude Brive, chef des opérations hyperbares. © Janot Prat
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Jean-Claude entre Didier Noirot, un des meilleurs camaramen du monde, et Yann Thomas de la BBC. © Janot Prat
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Jean-Claude supervise une plongée dans le lagon. © Xavier Desmier |
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