AVRIL 05 | MARS 05 | FEVRIER 05 | JANVIER 05
  • 23-02-05, “Edgar le lézard”  
  • 16-02-05, “Le voyage des coquillages”  
  • 09-02-05, “Les petits grains de coraline”  
  • 02-02-05, “Le Voyage d'Agathe la frégate”  
Edgar le lézard
    mercredi 23 février, 2005 précédente | suivante  
Lors de sa rencontre avec Antonin le dauphin, Basile était parti précipitamment. Une idée avait germé dans sa tête : il allait faire découvrir à Elliot une autre façon d’arriver sur l’île de Clipperton. C’était décidé aujourd’hui, ils rencontreraient Edgar le lézard.
Basile avait donné rendez-vous à Elliot sur la plage, dans une partie très caillouteuse, car Edgar y avait ses habitudes.
Edgar était un beau lézard noir avec une rayure dorée sur le dos qui courait du nez jusqu’au bout de la queue.
Lorsque Basile et Elliot le retrouvèrent, Edgar était très occupé à la dégustation d’un énorme cafard.
- Quelle merveille mes enfants, ce cafard est juteux à souhait! s’exclama Edgar apercevant ses amis.
- Salut! Lancèrent Elliot et Basile.
Edgar les invita à prendre place sur une jolie pierre plate, à l’ombre d’un grand cocotier. - Edgar, tu nous ferais grand plaisir si tu nous expliquais comment tes ancêtres sont arrivés ici. Dit Basile
- Oh, mais c’est une sacrée histoire que tu me demandes là…
Elliot rosit de plaisir et murmura :
- Encore une belle aventure.
- Mes ancêtres viennent de Polynésie. Tu sais où c’est Elliot ?
- Non…
- Tu connais Tahiti, Bora Bora.
- Ah oui, bien sur en plein milieu du Pacifique.
- Bon, ce sont des îles qui font partie de la Polynésie Française, et mes ancêtres en sont donc originaires. Un jour, il y a très longtemps un énorme cyclone se déclara dans l’océan Pacifique.
- Qu’est-ce que c’est un cyclone ? demanda Elliot gêné.
- Une énorme tempête qui est tellement puissante qu’elle peut arracher les arbres, les maisons, faire voler les voitures, tu te rends compte ?
- Ouah !
- C’est très dangereux. Donc, ce cyclone comme à son habitude déracine les cocotiers, les plantes, fait des enchevêtrements de tous ça, et envoie le tout à la dérive sur la mer. Mais cette fois-ci, des aïeux à moi se trouvent pris au piège, et les voilà embarqués à bord de leur radeau végétal improvisé. D’autres bestioles avaient eu le bon goût de se faire emprisonner sur le même radeau, ce qui à permis aux miens de se nourrir un certain temps.
- Mais voilà que les embruns et les vagues s’acharnaient sur notre vaisseau de fortune, et au bout de quelques semaines de navigation, il n’y avait plus âmes qui vive à bord. Cependant le radeau échoua sur Clipperton.
- Mais alors comment ils sont arrivés tes ancêtres ?
- Patience petit, attends d'entendre la suite !
Car au bout de quelques semaines que les troncs et les branchages séchaient tranquillement sur la plage, des œufs pondus par un de mes aïeux, se mirent à éclore. Des bébés lézards étaient là, seuls sur l’îlot de Clipperton. Les débuts ont été rudes, d’autant qu’à l’époque dont je te parle, la cocoteraie où tu vis actuellement, n’existait pas, et que nous avions l’habitude de vivre dans une végétation très généreuse.
- Comment ça ? s’indigna Elliot.
- Mais oui, ce sont des hommes qui ont planté des cocotiers ici.
Edgar parut déconcentré, visiblement le fou qui s’était posé sur la branche de cocotier à côté, l’intéressait au plus haut point. Il mit court à l’entretien :
- Mes bons amis, d’ordinaire Camillou le fou regorge de tiques absolument succulentes, remettons à demain notre causerie si vous le voulez bien.
Rapide comme l’éclaire, Edgar avait disparu, laissant Elliot et Basile à leur rêverie devant les derniers rayons du soleil.
 
 
Edgar le lézard ©JM Bompar



Edgar le lézard ©JM Bompar



Camillou le fou © JL Etienne