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LE
CLIMAT POLAIRE
Grand
froid au Grand Nord
Glaces continentales
permanentes et banquise : le froid caractérise le climat polaire.
Été comme hiver, une masse dair froid, très
dense, stagne au-dessus de lArctique. Cest le faible éclairement
solaire incident qui en est responsable. Ici, la Terre perd plus dénergie
quelle nen reçoit du Soleil ; le complément
est apporté par l'océan et l'atmosphère.
9
mois dhiver, 3 mois dété
La rotondité
de la Terre est la cause des différences de climats, et son inclinaison
face au Soleil, celle des saisons. En Arctique, il existe deux saisons
principales, très inégales : 9 mois dun long hiver
sombre et glacial et 3 mois dun bref été, très
frais. Printemps et automne ne durent que quelques semaines.
Froidure
et sécheresse : un désert glacial
Au pôle
Nord, le ciel est souvent clair, même en hiver, par manque dhumidité
: la mer, gelée, ne peut sévaporer. Les précipitations,
peu abondantes, y sont comparables à celles dun désert
! En revanche, le climat des terres côtières est plus humide.
Lors du dégel, les dépressions atlantiques arrivent au-dessus
de la banquise, amenant un peu de neige, voire pluie et brouillard.
Un
climat encore plus rigoureux sur les terres
En hiver, il fait
moins froid sur la banquise (environ -40°C au pôle) que sur
les continents (jusquà 67°C en Sibérie !).
Mais, les côtes sont beaucoup moins froides que le cur des
terres. En été, à linverse, les continents
se réchauffent plus vite et plus intensément que locéan
: jusquà +36,7°C en Sibérie, pour une température
de 0°C au pôle.
Un
chapeau de froid au-dessus du pôle
Une masse d'air arctique froide, très dense, est installée en permanence
au-dessus du pôle Nord, créant une zone de haute pression. On y relève
un étonnant phénomène d'inversion de température : il fait plus chaud
à quelques centaines de mètres d'altitude qu'au niveau du sol !
Cette masse d'air glaciale dense a tendance à s'écouler vers le sud ;
dévié par la rotation du globe, cet écoulement donne naissance à des vents
d'Est/Nord-Est aux hautes latitudes. L'air arctique est nappé par un air
polaire, un peu moins froid, entouré, vers 60° nord, par ce que l'on appelle
le front polaire. C'est une ceinture de basses pressions où soufflent
des vents d'ouest, un véritable affrontement entre l'air boréal froid
descendant du pôle et l'air tropical chaud remontant de l'équateur.
6
mois de jour, 6 mois de nuit
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Ci-dessus
: Soleil de minuit. © Gilg & Sabard/GREA.
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Les régions polaires connaissent un grand contraste entre le
jour perpétuel de lété et les ténèbres
de linterminable hiver. Le cercle polaire constitue le lieu
des points où le soleil ne franchit plus lhorizon aux
solstices : il ne se couche pas le 21 juin et ne se lève pas
le 21 décembre. Sa position est due à linclinaison
de laxe de rotation de la Terre, face au Soleil. Cette limite
nest pas abstraite, elle correspond au lieu géographique
à partir duquel on peut observer le mythique soleil de minuit.
À lintérieur de ce cercle, lorsquon remonte
vers le nord, le nombre de nuits continues de lhiver et de jours
permanents de lété, augmentent progressivement.
Au pôle lui-même, nuit puis jour polaires durent chacun
6 mois !
Ainsi, Par exemple, à Longyerbyen, au Spitzberg, la nuit polaire
dure 3 mois (novembre, décembre et janvier) et le jour permanent
(soleil de minuit) sétend sur 4 mois (mai, juin, juillet,
août). Le jour polaire est plus long car les rayons solaires
se courbent légèrement vers le bas en traversant les
basses couches très froides de latmosphère, ce
qui permet de voir le soleil
alors quil est déjà
sous lhorizon ! |
Au Groenland, un climat plus rude
Au Groenland, la présence de la seule véritable calotte polaire de l'Arctique
maintient une plus grande rigueur climatique toute l'année : 10° C de
moins qu'au pôle; excepté sur la côte et vers le sud, où l'influence de
l'Atlantique devient plus franche. Cette grande stabilité est due à une
couche d'air très froid qui nappe le sol, toujours plus lourd que les
couches troposphériques supérieures ; cette situation crée un violent
écoulement d'air par gravité le long des pentes, responsable de rafales
qui peuvent balayer le sol à plus de 200 km/h (vents catabatiques).
Quand l'Atlantique réchauffe lEurope
du Nord
Les côtes des terres d'Europe du Nord (Islande, Norvège,
Spitzberg...) sont réchauffées par les remontées,
loin vers le nord, des eaux tempérées d'une branche du courant
nord Atlantique issue du lointain Gulf-Stream. Ces eaux adoucissent localement
les températures, même au-delà du cercle polaire,
jusqu'au Spitzberg. Un phénomène qui favorise les Européens
du nord par rapport aux autres peuples Arctiques.
Le match Arctique
- Antarctique
Les glaces arctiques ne refroidissent pas l'atmosphère avec autant de
puissance que l'immense surface gelée de l'Antarctique, au Sud du globe.
En effet, au cour de l'hiver, calotte continentale et banquise australes
atteignent près de 35 millions de kilomètres carrés, dont 15 pour le seul
inlandsis (calotte glaciaire continentale) épais de 3 à 4 kilomètres :
un volume dix fois plus important que celui de la calotte groenlandaise.
Cette masse glacée permanente et le formidable contraste de température
qui en découle génèrent autour du continent austral un anneau de dépressions
continu et, en hiver, un puissant tourbillon - ou vortex - atmosphérique,
qui isole l'air antarctique du reste de l'atmosphère. Une situation sans
comparaison avec celle de l'Arctique.
LE
COIN DES PHYSICIENS
Le "puits de froid" polaire est accentué par la
blancheur du manteau de neige et de glace, qui réfléchit
vers l'espace la majeure partie de la lumière solaire incidente
(albédo).
La masse volumique de l'eau est près de 1000 fois plus grande
que celle de l'air et sa viscosité, 60 fois plus élevée.
L'océan a donc une très grande inertie mécanique
: les courants y sont 100 fois plus lents que les vents dans l'atmosphère.
La capacité calorifique, ou chaleur massique, d'une substance est
la quantité de chaleur nécessaire pour élever de
1° C une unité de masse de cette substance (gramme pour les
solides et liquides, mole pour les gaz), sans changer son état
physique (phase); elle est d'environ 1 cal./g/°C pour l'eau de mer
et de 0,237 pour l'air, à pression constante. (À ne pas
confondre avec la chaleur latente de fusion ou de vaporisation, qui est
la quantité de chaleur que l'on doit fournir pour assurer le changement
d'état d'un corps, en restant à température constante).
La masse de l'atmosphère est environ 3000 fois moins importante
que celle de l'océan et la capacité calorifique de l'eau
est 4 fois supérieure à celle de l'air. Conclusion : les
2,5 premiers mètres d'eau de l'océan Mondial contiennent
autant de chaleur que les 40 kilomètres d'atmosphère qui
les surplombent !
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L'Arctique central
est une région nettement sèche, car, d'une part,
la glace libère peu de vapeur d'eau dans l'atmosphère
et, d'autre part, l'air froid ne peut contenir - d'après
les lois de la physique - que peu d'humidité. Mais en
périphérie, d'épais brouillards peuvent
se former, en été, le long des côtes débarrassées
de glace des terres balayées par les courants océaniques
froids (Canada, Alaska, Svalbard, Kouriles, Kamtchatka...).
Ci-contre
: Brouillards côtiers. © Gilg & Sabard/GREA.
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JEAN-LOUIS ETIENNE ET LE CLIMAT POLAIRE
Pendant sa marche vers le Pôle en solitaire, Jean-Louis Etienne
a, bien sûr, dû s'adapter au climat ; tant à la température qu'à l'éclairement.
Et tacher d'en tirer parti. " Le 6 mars 1986, quand l'avion me dépose
seul face à la glace, il fait moins 47°C(.) ".
"Tous les soirs, quelle que soit la clémence apparente du temps, il
vaut mieux anticiper, se prémunir contre la violence des vents, en construisant
un mur de glace autour de la tente.(...) Et aussi : "Il faut sans
cesse me repérer au Soleil, qui est très bas sur l'horizon en cette saison
: tant que mon ombre est devant moi, donc orientée vers le Nord, je suis
sûr que je suis sur la bonne route". (Jean-Louis Etienne
- Les Pôles, Arthaud, 1992)
Lors de l'hivernage au Spitzberg, les allées et venues du courant
"chaud" nord Atlantique ont fait subir à l'Antarctica quelques alternances
de gel et de dégel, qui compliquaient parfois la vie quotidienne : il
fallait soudainement installer des aménagements de fortune pour limiter
les dégâts causés par la fonte inattendue de la glace formée à l'intérieur
du bateau par la condensation !
Températures
arctiques
|
Pôle
|
Canada
Chesterfield Inlet
|
Côte
dAlaska
|
Groenland
central
|
Spitzberg
(Longyearbyen)
|
Sibérie
Centrale
|
|
Moy
janvier
Hiver
Mini absolu
|
36°C
-50°C
|
-
33 ° C
|
-
16°C |
-47°C
- 64°C
|
-
12 ° C
- 46,3° C
|
-44°C
-67,8°C
|
|
moy
juillet
Été
maxi absolu
|
0°C
+13°C
|
+
4° C
|
+8°C
|
- 11°C
|
+7°C
+21,3°C
|
+
16°C
+36,7°C
|
Précipitations
|
Pôle
|
Côtes
occidentales (Scandinavie Alaska)
|
Sud
de lIslande
|
Côtes
orientales (Labrador, Kamtchatka)
|
|
150
mm/an
|
500
mm/an
|
2000
mm/an
|
120
cm de neige ?
|
LE SAVIEZ-VOUS ?
Le givre est dû au gel de la vapeur d'eau atmosphérique
à la surface d'un corps très froid. L'accumulation de glace
qui peut ainsi se former constitue un danger pour les avions par exemple.
De même, du givre peut se produire avec les embruns dans les superstructures
d'un navire, jusqu'à pouvoir le déstabiliser. Un phénomène
bien connu des pêcheurs de Terre-Neuve ! Le givre peut également
perturber de nombreuses activités humaines à cause de son
pouvoir isolant, thermique et électrique.
Dans les régions polaires, la nuit polaire est moins franche
et sombre que lon imagine souvent. La lumière crépusculaire
est beaucoup plus longue quaux latitudes plus basses, car, toujours
à cause de linclinaison terrestre et de la rotondité
du globe, le soleil reste plus longtemps en lumière rasante. On
dit que, par un crépuscule sans nuage, lorsque le Soleil est à
6° sous lhorizon, on peut encore lire son journal. Mais lorsque
le Soleil est à plus de 18° sous lhorizon plus aucune
trace de lumière solaire ne nous parvient.
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Au cur de lhiver
polaire, la Lune est aussi haute dans le ciel, à minuit,
que le Soleil lest, à midi, en été. Dans
la blancheur des paysages de neige et de glace, la Lune est le grand
phare des nuits polaires. Et, à laffût de la
moindre lueur, lil perçoit même la clarté
des étoiles
Ci-contre
: La lune, au-dessus de la banquise. © Gilg & Sabard/GREA.
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Bibliographie :
- LArctique et lenvironnement boréal (P. Avérous
CNDP, 1995)
- Pleuvre, Pleuvra pas La météo au gré du
temps ( R. Chaboud Découvertes Gallimard, 1994)
- Les climats de la Terre (B.Voituriez-Explora,Presses Pocket-1992)
- L'homme et le climat (J. Labeyrie-Denoël-1993)
- Encyclopedia Universalis
- La Terre... notre planète (P. Avérous-Nathan-1990)
- Atmosphère, Atmosphère (Science & Vie, Hors série
n° 174-1991)
- Quel climat pour demain ? (S. Huet, Calmann-Levy, 2000)
- Lincertitude des climats (R. Kandel, Hachette, 1998)
- Le climat de la Terre (R. Sadourny, DOMINOS, Flammarion, 1994)
- Climat, dhier à demain (S. Joussaume, CNRS Éditions,
1993)
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