Avant de parcourir plusieurs milliers de kilomètres avec le sondeur aéroporté EM-Bird, il convient de le tester sur quelques hectares parfaitement connus de la banquise. La zone sera choisie de façon à être la plus représentative possible des différentes morphologies de la glace, de façon à comparer les mesures de l’EM-Bird et la réalité terrain. La topographie de la surface se fait par deux moyens :
Scanner laser
La mesure fine et précise de la surface est accessible par un scanner laser terrestre. Il s’agit d’un laser motorisé, qui balaye la surface grâce à un miroir commandé suivant l’angle horizontal et l’angle vertical, et qui, par mesure du temps de vol d’une impulsion lumineuse, détermine la distance de l’objet, et donc les coordonnées 3D de l’écho du laser. La précision de ce type d’instrument est d’environ 5 mm dans un cercle de 250 mètres de rayon, et mesure plusieurs milliers de points par seconde. Il fournit directement et instantanément un modèle numérique de la surface. Le scanner laser ne peut mesurer que ce qui est en vue directe. En raison de la surface tourmentée de la glace dans certaines zones, plusieurs stations de scanner laser sont nécessaires pour couvrir les parties les plus cachées de la banquise.

Photogrammétrie aérienne
Pour couvrir des surfaces plus importantes, on fait des photographies aériennes stéréoscopiques (chaque photo recouvre la précédente de 60%), à l’aide d’appareils numériques convenablement étalonnés. On peut ainsi reconstituer la topographie de la surface, avec une précision de l’ordre de 5 cm pour une hauteur de vol de 100 mètres. Cette méthode, bien plus rapide à mettre en œuvre sur le terrain que le scanner laser, permet de couvrir simplement des surfaces bien plus grandes, et assure un archivage de la zone mesurée. Mais le dépouillement nécessite un temps beaucoup plus important, et ne peut être mené qu’au retour de la mission. Cette technique peut être embarquée sur le dirigeable conjointement avec l’EM-Bird, de façon à assurer un archivage de la surface survolée au cours de la traversée de l’océan Arctique en 2008.
Cette topographie de surface, superposée point par point avec celle effectuée par le robot sous-marin (ROV) permet d’obtenir un profil 3D de l’échantillon de banquise qui sert à la validation de la mesure de l’EM-Bird.

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