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LEFFET
DE SERRE
Comme
une vitre autour du globe
À la distance
qui la sépare du Soleil, la Terre devrait être une planète
de glace (-18°C). Pourtant, la température moyenne à
la surface du globe est de + 15° C. Pourquoi ? Parce que latmosphère
qui nous enveloppe joue le rôle dune vitre, à travers
laquelle le Soleil réchauffe le sol et qui empêche cette
chaleur de repartir dans lespace. Cest cela, l'effet
de serre .
Des
gaz en quantité infime, mais essentiels
La vapeur deau
contenue dans l'air est responsable des deux tiers de leffet de
serre. Mais certains gaz, même présents en très très
faible quantité, participent aussi à cet effet. Ce sont
surtout le CO2 (dioxyde de carbone ou gaz carbonique), le méthane,
le protoxyde dazote, l'ozone de la basse atmosphère - une
sorte de "super oxygène" - et les composés dits
CFC.
Un
chauffage vieux comme le monde
Dès la
formation du système solaire, il y a 4,6 milliards dannées,
leffet de serre a régné sur le climat de notre planète.
Mais depuis sa composition primitive, latmosphère a beaucoup
évolué. En particulier, la photosynthèse des premières
plantes, en abaissant progressivement la teneur en CO2, a aidé
à maintenir sur la Terre une température favorable à
la vie.
Un
phénomène amplifié par lhomme
À l'origine
très naturel et précieux pour léquilibre de
la Terre, l'effet de serre peut être amplifié si les teneurs
des gaz qui en sont responsables augmentent. Et c'est justement ce que
produisent nos activités humaines. Cette augmentation de "
l'effet de serre " due à nos rejets polluants est inquiétante
pour l'avenir de notre climat.
Les principaux acteurs :
- La vapeur d'eau
(H2O) est produite par l'évaporation des plantes, des sols, des cours
d'eau et des océans. Une faible quantité est aussi libérée par les volcans
(c'est ainsi que s'est formée l'atmosphère terrestre primitive).
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- Le
"gaz carbonique" (CO2), d'origine naturelle provient de la respiration
des êtres vivants (alors que la photosynthèse des plantes vertes
en consomme), des combustions (incendies...) et des éruptions volcaniques.
Cette présence de CO2 dans l'air est régulée par l'Océan, capable
d'en absorber de grandes quantités.
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Photo
ci-dessus : Dégazage dans le cratère de l'Erebus,
en Antarctique (Mission Erebus). © S. Compoint.
Photos
ci-contre : Les combustions participent à l'émission
de CO2. Brûlis en Amazonie. © P. Avérous.
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- Le méthane (CH4) d'origine naturelle est libéré par la décomposition
des matières organiques en milieu privé d'oxygène : le pourrissement dans
les marais, les mangroves, les sols dégelés des régions arctiques, ou
encore la digestion les animaux. Il s'en échappe aussi lors des éruptions
volcaniques.
- L'ozone (O3) de la basse atmosphère, d'origine naturelle, descend
vraisemblablement de la stratosphère par le biais de "poches", percées
par les courant-jets d'altitude. L’ozone est de l'oxygène, mais sa molécule
ne comporte pas 2 atomes, comme l'oxygène utile à notre respiration (O2),
mais 3. Cet ozone de la basse atmosphère (troposphère), est un véritable
poison pour les plantes, la peau et le système respiratoire (crises d'asthme).
En altitude, vers 20 ou 30 km, l'ozone est au contraire très utile : il
nous protège des rayons solaires ultraviolets, dangereux pour la vie ;
c'est l'ozone du "trou" saisonnier - un manque d'ozone - repéré au-dessus
de l'Antarctique et dont la formation inquiète les scientifiques, car
sa diminution pourraient avoir des effets nocifs sur les êtres vivants.
- Le protoxyde d’azote
(N20) est un des produits de la transformation des nitrates par les bactéries
du sol. Il s’échappe alors dans l’atmosphère et réagit pour produire du
monoxyde d’azote (NO).
- Quant aux CFC, ou Chloro-Fluoro-Carbones, ce sont tous des composés
émis par les activités humaines. Ils sont ici cités pour être comparés
aux autres gaz à effet de serre.
L'importance
des gaz à effet de serre :
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Gaz
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Concentration
(ppm*)
|
Efficacité
dans leffet de serre
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Contribution
à leffet de serre (Watt/m2)
|
| H2O
(vapeur) |
3000
|
|
100
|
| CO2 |
355
|
1
|
50
|
| CH4 |
1, 8
|
21
|
1,8
|
| N2O |
0,3
|
310
|
1,3
|
| O3 |
<
0,1
|
2 000
|
1,3
|
| CFC |
0,01
|
10 000
|
0,3
|
* 1 ppm (partie par
million) = 1 cm3 par m3 d'air
LE COIN DES PHYSICIENS
Dans l'atmosphère, les gaz "à effet de serre" sont en concentrations infimes
et, en général, fluctuantes. Cependant, leurs molécules, formées de 2
ou plusieurs atomes, vibrent et s’agitent sous l’effet des rayons infrarouges
renvoyés par le sol ou l'océan, ce qui réchauffe l’atmosphère. Un "piège
de chaleur" colossal qui produit une énergie de 340 Watts par m2, soit
beaucoup plus que l'énergie solaire arrivant directement au sol (158 W/m2)
!
Lorsque les variations d'un phénomène s'auto-accentuent, on parle de "rétro-action
positive" ; lorsqu’elles s'auto-limitent, on parle de "rétro-action négative".
Dans l'atmosphère, la vapeur d'eau amplifie les variations de l'effet
de serre. En effet, d'après les lois de la physique (loi de Clausius-Clapeyron),
plus l'air est froid, moins il peut contenir d'eau à l’état de vapeur
(formation de brouillards par temps froid) : ce qui diminue l'effet de
serre. À l’inverse, plus il fait chaud, plus l’air peut contenir d'eau
(climats tropicaux chauds et humides) : ce qui renforce l’effet de serre.
Si, à une pression donnée et à -20°C,1 kg d'air peut contenir 1g d'eau
sous forme de vapeur, à -10°C, il peut en contenir 2g. Mais à +20°C, cette
même quantité d'air peut emprisonner 15 g d'eau, et 26 g à 30°C. Au-delà
de ces valeurs, il y a saturation de l'humidité et il se forme gouttelettes
ou cristaux de glace : brouillard, givre, nuages... ou encore, buée sur
les objets.
JEAN
LOUIS ETIENNE ET LES MESURES DE GAZ DANS L'ATMOSPHERE
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Lors de la mission EREBUS,
Jean-Louis Etienne et ses collaborateurs ont effectué des
prélèvements de gaz atmosphériques en traces
(ozone, méthane...) tout au long de la "descente"
de l'Antarctica vers le continent austral. Ces mesures ont été
intégrées dans une étude visant à mieux
connaître la chimie complexe des gaz en traces dans l'atmosphère.
Cette photo-chimie - que l'on appelle ainsi car elle est placée
sous l'influence du soleil - règle les équilibres
délicats et encore mal connus de notre enveloppe gazeuse.
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Photo
: Prélèvements de gaz en traces sur l'Antarctica,
pendant la Mission Erebus. © S.Compoint
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LE SAVIEZ-VOUS ?
La Lune est totalement privée datmosphère car sa masse
est trop faible pour retenir des gaz. Elle ne connaît donc pas d'effet
de serre. Vénus ou Mars en revanche, qui retiennent une atmosphère
dense, subissent ce phénomène.
Bibliographie :
- L'effet de serre (Numéro
spécial, La Recherche n° 243, 1992)
- Dossier pédagogique : L’Arctique et l’environnement boréal (P. Avérous
CNDP, 1995)
- Expédition Erebus (J.-L. Etienne / P. Avérous- Arthaud-1994)
- Dossier pédagogique "EREBUS" : L'environnement polaire 2 (P. Avérous-Autrement
dit, CNDP-1994)
- Encyclopédia Universalis
- La Terre... notre planète (P. Avérous-Nathan-1990)
- Atmosphère, Atmosphère (Science & Vie, Hors série n° 174-1991)
- Quel climat pour demain ? (S. Huet, Calmann-Levy, 2000)
- L’incertitude des climats (R. Kandel, Hachette, 1998)
- Le climat de la Terre (R. Sadourny, DOMINOS, Flammarion, 1994)
Autres sites à visiter
Dossier du CNRS : http://www.cnrs.fr/dossiers/dosclim/sysfacte/systfactMot/effetserre.htm
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