L'AUGMENTATION DE L'EFFET DE SERRE
L'effet de serre : indispensable à la vie sur Terre Comme les vitres d'une serre, l'atmosphère retient à la surface de la Terre une partie du rayonnement infrarouge (de la "chaleur") qu'elle émet, réchauffée par l'énergie solaire. Cet effet de serre est naturel : sans lui, notre planète serait un désert de glace (-18 °C) ! Certains gaz, même en traces infimes, les poussières et les nuages contribuent à accentuer - ou à affaiblir - ce phénomène.
L'activité humaine perturbe l'équilibre Industries, transports, agriculture modifient la composition de l'atmosphère. Les gaz rejetés augmentent l'effet de serre. Mais comment notre environnement, et en particulier le climat, réagit ? On observe déjà quelques changements : montée du niveau marin, augmentation de la température moyenne, etc… Pour tenter de prévoir les variations à venir, des "modèles" de plus en plus complexes sont testés par de super-ordinateurs.
Le cycle du carbone Chaque année, la croissance et la décomposition des plantes rejettent et consomment autour de 200 milliards de tonnes de carbone ; les activités humaines, elles, en libèrent 7 milliards. On sait que la végétation terrestre et l'océan en absorbent chacun environ un quart. La moitié restante semble donc s'accumuler dans l'atmosphère... participant à l'augmentation de l'effet de serre.
Comment réagir ? L'activité solaire et les échanges Terre-Océan-Atmosphère sont les clefs du climat de notre planète. Les satellites effectuent des mesures à l'échelle du globe (vents, températures, nuages, végétation...), mais de multiples phénomènes interagissent, rendant l'interprétation des résultats délicate. Réduire nos rejets dans l'atmosphère permettrait incontestablement de limiter les dérèglements. Faisons vite, car les "corrections" prendront des années !
Les gaz à effet de serre (GES)
L'atmosphère contient un certain nombre de gaz, en quantités infimes, dont les teneurs sont exprimées en "parties par millions" (ppm). Ces gaz sont dits "à effet de serre" car leurs molécules ont un pouvoir extrêmement absorbant vis-à-vis de l'énergie traversant l'atmosphère. La vapeur d'eau, le CO2, le méthane (CH4), le protoxyde d'azote sont les plus importants.
Nos rejets de carbone
Même si le CO2 n'est pas - loin de là - le seul gaz responsable de l'effet de serre, il équivaut à tous les autres réunis.
Et pour le méthane
Aujourd'hui, la concentration en méthane atteint 1,8 ppm (contre 0,7 à l'époque de Charlemagne), soit un total de 5 Gt dans l'atmosphère : en augmentation de près de 1% par an, 3 fois plus que pour le CO2 ! La durée de vie des coupables
L'importance des GES dépend non seulement de leurs teneurs instantanées, mais aussi du temps de résidence de chacun d'eux dans l'atmosphère. Le temps nécessaire à la disparition de la moitié de la quantité présente d'un gaz donné est appelée "durée de vie" de ce gaz. S'il faut une douzaine d'années pour que la moitié du méthane disparaisse, la durée de vie du CO2 atteint un siècle, contre quelques jours seulement pour la vapeur d'eau ; un autre GES, le CF4, possède une durée de vie de 50 000 ans ! Voilà pourquoi, même en cas d'arrêt d'émission immédiat, les effets des GES mettront des décennies à s'estomper... Où va le carbone ?
On estime que l'atmosphère contient 750 Gt (milliards de tonnes) de carbone, contre 39 000 Gt conservées dans l'océan (dont 1000 en surface) et environ 2200 Gt dans les sols et la végétation. Entre ces immenses réservoirs, les échanges sont aussi colossaux : 60 Gt vont de la végétation à l'atmosphère et vice-versa chaque année (photosynthèse, respiration...) et 90 Gt circulent entre ciel et océan. Forêts et cultures
Les forêts sont, au premier abord, un "puits" pour le carbone atmosphérique, absorbant le CO2 par photosynthèse. Du moins, en période de croissance et d'extension (augmentation de la biomasse); car à maturité, incendies et pourrissement rejettent dans l'air ambiant le carbone emmagasiné par la vie végétale ! En revanche, un arbre utilisé pour la construction ne restitue pas de carbone à l'atmosphère (tant qu'il ne brûle pas, ni ne pourrit...). Le long voyage océanique
L'Océan contient 60 fois plus de carbone que l'atmosphère, sous différentes formes (dissolution dans l'eau, matières organiques, minérales, etc.). Cet immense réservoir naturel pompe le carbone de deux manières. Nous devons faire un effort !
Puisque la nature ne semble pas pouvoir absorber notre surplus de carbone annuel, il faudrait réduire de près de moitié nos émissions pour rester en dessous de la quantité que la Terre peut recycler (3 à 4 Gt). Ce qui est très loin d'être le cas ! En effet, 5 % seulement de réduction ont été proposés lors de la conférence de Kyoto ! Et comme le CO2 persiste près de 2 siècles dans l'atmosphère, on voit à quel point les effets de nos rejets actuels auront, à priori, du mal à disparaître... Bibliographie : |